Comme d’habitude, je ne sais pas très bien par où commencer… Comme d’habitude, je sais ce que je veux dire mais je cherche le chemin qui m’y pousse. Comme d’habitude, je reprendrai par le début, histoire de ne rien rater… Histoire aussi de me resituer, de façon strictement personnelle, dans un contexte que j’ai besoin de voir… D’en haut.

Pour comprendre mon raisonnement, il faut considérer ma vie. Je l’ai passée, ces dernières semaines, en voiture, à Genève, parfois même à Annecy, à grands coups de kilomètres au compteur (sans accident cette fois) à la poursuite de missions plus ou moins ardues et seul, la plupart du temps. Mes seuls contacts non professionnels auront été les serveuses des restaurants, les réceptionnistes d’hôtels et les vendeuses de sandwichs… Alors le vendredi soir, lorsque je reviens chez moi, je me plais à tomber dans les bras de celui qui m’attend, et à me lover, des weekends entiers, dans la douceur d’une jolie relation…

Je suis rentré chez moi plus tôt que prévu, hier soir, un jeudi. Mais cette fois la donne est différente : on m’attend pour partir. Je dois en effet conduire mon mari à l’aéroport… D’habitude c’est moi qui pars et je crois que c’est bien la première fois que je regarde l’autre s’éloigner… Il est parti pour une durée plus ou moins indéterminée : trois semaines, peut-être quatre… Suffisamment pour ressentir, dès les premiers instants, une forme de manque que l’on retrouve dans tous les éléments du quotidien… C’est drôle, ça fait bizarre… Et ça déplaît… Est-ce-que c’est ça, être amoureux ?

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